Inde–États-Unis : tensions commerciales autour du pétrole russe

L’Inde accusée de profiter du pétrole russe

Lundi 4 août, Donald Trump a dénoncé sur son réseau social TRUTH le rôle de l’Inde dans la redistribution du pétrole russe sur les marchés mondiaux. Il accuse le pays d’acheter « d’énormes quantités de pétrole russe » – représentant 40 % des exportations russes en 2023 – et de le revendre ensuite à prix fort pour en tirer d’importants bénéfices.

« L’Inde ne se soucie pas du nombre de morts en Ukraine. Elle agit par pur intérêt économique », a affirmé Trump, annonçant vouloir « augmenter considérablement » les droits de douane d’ici 24 heures.

New Delhi réplique

Le ministère indien des Affaires étrangères a fermement rejeté ces accusations, qualifiant la sortie de Donald Trump d’njustifiée et déraisonnable« . Le porte-parole, Randhir Jaiswal, a déclaré :

« L’Inde, comme toute grande économie, prendra les mesures nécessaires pour préserver ses intérêts nationaux et sa sécurité économique. »

En parallèle, l’Inde affirme qu’elle continuera à s’approvisionner en pétrole russe, malgré les pressions internationales. Le pays est actuellement le deuxième importateur mondial de pétrole russe, avec 1,6 million de barils par jour depuis le début de l’année.

Sanctions secondaires en vue ?

Trump a également évoqué la possibilité d’imposer des sanctions secondaires, ciblant les pays qui commercent encore avec la Russie – notamment dans les secteurs de l’énergie et de l’armement.

« L’Inde n’a pas été un bon partenaire commercial. Elle fait beaucoup d’affaires avec nous, mais nous pas avec elle. »

L’objectif est clair : tarir les sources de financement de Moscou, à travers une pression indirecte sur ses principaux partenaires commerciaux.

Des enjeux économiques colossaux

La menace n’est pas anodine. Les États-Unis sont le premier partenaire commercial de l’Inde, avec 87,4 milliards de dollars d’exportations indiennes vers les États-Unis. Toute hausse de droits de douane viendrait alourdir les coûts pour les exportateurs indiens et pénaliser leurs produits sur le marché américain.

Mais cette critique intervient dans un contexte tendu : les pays occidentaux eux-mêmes continuent de commercer avec la Russie, que ce soit pour l’uranium enrichi, le palladium, les engrais, ou encore des produits miniers et chimiques.

Une diplomatie économique explosive

La déclaration de Trump s’inscrit dans une stratégie plus large de rééquilibrage des échanges commerciaux, très marquée depuis son retour sur le devant de la scène politique. Mais elle met en lumière les limites de cette approche : peut-on dénoncer l’Inde tout en continuant à importer certains produits russes soi-même ?

La question reste ouverte, mais une chose est sûre : les tensions entre Washington et New Delhi pourraient redessiner les équilibres géopolitiques et commerciaux dans les mois à venir.

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